Vous avez trouvé un CDI, félicitations ! Après avoir décroché ce précieux sésame, autant essayer d’obtenir les meilleures conditions de travail.
Pour ce faire, mieux vaut connaître les éléments sur lesquels vous pouvez tenter d’agir et ceux sur lesquels vous n’avez aucune marge de manœuvre. Qu’est-ce qui est négociable ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? À quel moment négocier ? À qui vous adresser ? Quelle phrase dire pour négocier son salaire ou tout autre point ? Tour d’horizon des 7 bonnes pratiques à suivre pour négocier les clauses de votre contrat de travail.
Sommaire
- 1er conseil pour négocier son contrat de travail : négocier ce qui est négociable
- 2e conseil : s’abstenir de négocier certains éléments du contrat de travail
- 3e conseil pour bien négocier votre contrat : une bonne préparation
- 4e conseil : négocier son contrat de travail au bon moment
- 5e conseil : formaliser par écrit la négociation obtenue
- 6e conseil : auprès de qui négocier son contrat de travail ?
- 7e conseil : comment entamer la négociation de son contrat de travail ?
- Négocier son contrat de travail : ce qu’il faut retenir
1er conseil pour négocier son contrat de travail : négocier ce qui est négociable
À l’issue de la procédure de recrutement, votre employeur va formaliser une proposition d’embauche. Il va aussi vous communiquer un projet de contrat de travail. Sachez que vous n’êtes pas lié par les termes de ce projet, tant que vous ne l’avez pas signé. Même si vous avez accepté (et parfois signé) une promesse d’embauche. Vous pouvez donc entamer des négociations sur des points particuliers qui ne vous semblent pas satisfaisants. L’objectif étant de formaliser un accord entre vous, le salarié, et l’entreprise.
La négociation contractuelle peut viser différents éléments : tous ceux qui ne sont pas imposés ou interdits par la loi ou la convention collective applicable à votre contrat de travail.
Outre la rémunération, qui comprend le salaire de base, une éventuelle rémunération variable, mais aussi les primes, comme le 13e mois, et les avantages en nature, d’autres clauses peuvent être discutées. Par exemple, la durée de la période d’essai en CDI (article L1221-19 du Code du travail) peut être réduite, voire supprimée d’un commun accord. Mais aussi, le lieu de travail et les conditions de mobilité géographique (déplacement ponctuels et modification du lieu habituel de travail), la durée du travail et les horaires de travail, le télétravail, la clause de non-concurrence ou encore les modalités de rupture du contrat (clause de garantie d’emploi ou indemnité de départ) sont également négociables.
Vous pouvez aussi obtenir une modification de vos missions confiées, de votre intitulé de poste ou du périmètre d’action. Les contours de votre emploi sont à dessiner en amont de la signature de votre contrat de travail. Ils déterminent directement vos conditions de travail au quotidien.
En revanche, votre entreprise n’a aucune obligation de faire droit à toutes vos demandes. À vous d’être convaincant !
Bon à savoir : une clause de non-concurrence trop large ou non indemnisée est réputée nulle (pour un exemple, Cass. soc., 10 juillet 2002, n° 00-45.135). Faites relire les points de votre contrat qui vous interpellent à votre avocat en droit social. Il saura vous conseiller sur la marche à suivre.
2e conseil : s’abstenir de négocier certains éléments du contrat de travail
En tant que collaborateur en CDI, vous disposez d’une certaine marge de manœuvre pour négocier certains aspects de votre futur emploi comme le salaire, la durée du travail (ou vos horaires de travail si vous n’êtes pas en forfait en jours) ou votre périmètre de poste, tout en respectant le cadre juridique du contrat de travail.
A contrario, certaines dispositions légales sont impératives. On ne peut pas y déroger, même par accord entre les parties.
Vous êtes en droit de refuser les clauses suivantes car elles sont illicites :
- Les salariés ne peuvent toucher un salaire inférieur au SMIC (article L3231-2 du Code du travail) ou aux minima conventionnels fixés par une convention collective applicable.
- De même, les règles relatives à la durée maximale du travail (articles L3121-18 et suivants) ou au repos hebdomadaire (article L3132-2) sont d’ordre public : il est interdit d’y déroger, même avec l’accord du salarié.
- Les congés payés : la loi octroie aux salariés un nombre minimal de jours de congés annuels (5 semaines) auxquels il n’est pas possible de déroger, même avec leur accord. Les salariés ont aussi droit à des congés spécifiques pour lesquels aucune négociation n’est permise (congé maternité, congé paternité, congé parental, etc.).
- Toute clause qui porterait atteinte aux libertés fondamentales du salarié (liberté d’expression, liberté syndicale, etc.) serait jugée abusive et inapplicable.
- La sécurité au travail est une obligation légale de l’employeur. Il est le garant de la sécurité de ses salariés sur le lieu de travail.
3e conseil pour bien négocier votre contrat : une bonne préparation
Pour négocier efficacement votre contrat de travail, une bonne préparation est essentielle. Une lecture attentive du projet de contrat de travail communiqué par l’entreprise s’impose.
Commencez par analyser votre futur poste : les missions proposées et les conditions de travail associées.
Vous devez aussi lire votre convention collective applicable pour connaître vos éventuels avantages supplémentaires (congés supplémentaires, primes obligatoires…) et vérifier la validité de certaines clauses du contrat.
Renseignez-vous sur les pratiques salariales dans votre secteur d’activité ou votre région, les avantages généralement offerts, et les clauses spécifiques liées à votre emploi (clause de mobilité, clause de confidentialité, télétravail, etc.).
Il est également conseillé d’identifier les points de blocage possibles pour mieux anticiper la discussion et préparer des arguments solides.
Lors de l’entretien ou de la signature, osez poser des questions sur les éléments clés du contrat : rémunération globale (salaire fixe, rémunération variable, primes), durée de la période d’essai, évolution de poste, mobilité interne possible, plan de formation ou encore conditions de rupture du contrat de travail.
Prendre le temps de négocier votre contrat de travail peut faire toute la différence sur la durée. Si vous connaissez les obligations minimales de l’employeur et vos droits, vous êtes en position de force pour négocier des conditions au-delà de ces minima. Vous évitez aussi de demander quelque chose qui vous est déjà du… Ce qui vous ferait perdre en crédibilité.
4e conseil : négocier son contrat de travail au bon moment
La négociation des termes de votre CDI peut intervenir avant la signature définitive, c’est-à-dire entre l’acceptation de l’offre d’embauche et la signature du contrat de travail. C’est dans ce laps de temps que vous pouvez le plus facilement formuler toutes vos demandes.
Une fois le contrat signé, toute modification ultérieure est possible mais nécessite un accord mutuel employeur – salarié. Elle peut s’avérer plus complexe à obtenir.
Donc même si l’entreprise vous transmet un projet de contrat, vous avez le droit de prendre votre temps, de poser des questions, de vous renseigner sur vos droits et de proposer des ajustements.
En revanche, restez toujours courtois et argumentez vos demandes.
5e conseil : formaliser par écrit la négociation obtenue
Que la négociation ait été menée par écrit ou à l’oral, demandez toujours à ce que les ajustements soient formalisés précisément et par écrit dans le contrat. Vous limiterez ainsi les incompréhensions avec votre employeur.
Si nécessaire, faites-vous accompagner par un avocat spécialisé en droit du travail.
6e conseil : auprès de qui négocier son contrat de travail ?
La négociation du contrat de travail s’effectue en général directement avec la personne qui vous fait l’offre d’embauche. Cela peut être :
- Le recruteur ou le responsable RH, dans les grandes entreprises.
- Le dirigeant ou le manager direct, dans les PME ou start-up.
- Un cabinet de recrutement si l’entreprise est passée par un intermédiaire.
Mais chaque entreprise peut aussi avoir un process interne spécifique. Si tel est le cas, renseignez-vous auprès de votre interlocuteur habituel. Il saura vous aiguiller vers la bonne personne avec qui négocier.
Bon à savoir : en face à face ou à distance, privilégiez le mode de communication avec lequel vous êtes le plus à l’aise. Dans la mesure du possible, adaptez-vous à la culture d’entreprise.
7e conseil : comment entamer la négociation de son contrat de travail ?
Vous ne savez pas comment ouvrir la négociation contractuelle avec votre employeur ? Pour amener les choses avec tact, voici quelques phrases que vous pouvez dire. À adapter selon votre situation professionnelle ou personnelle !
Comment amener la négociation ? Quelques suggestions
Voici quelques phrases utiles pour initier les négociations sur les éléments de votre contrat :
- Merci pour cette proposition, je souhaiterais que l’on puisse discuter ensemble de certaines clauses du contrat de travail.
- Avant de signer, je souhaiterais m’assurer que nos attentes sont bien alignées sur quelques aspects.
- J’ai bien lu votre projet de contrat de travail, et je vous remercie à nouveau pour votre confiance. Je pense que certains éléments pourraient être ajustés. Pourrions-nous en parler ?
Éléments de langage pour négocier une augmentation de salaire
La rémunération qui vous est initialement proposée ne vous convient pas ? Vous souhaitez obtenir des avantages supplémentaires ? Vous voulez revoir le montant d’une indemnité ? C’est le moment d’en discuter. Voici quelques phrases pour vous aider dans votre négociation contractuelle :
- Au regard de mes compétences et des responsabilités du poste, j’aimerais discuter des conditions salariales.
- Je suis très enthousiaste à l’idée de rejoindre votre entreprise, et j’aimerais que nous puissions nous accorder sur une proposition qui reflète au mieux la valeur que je peux apporter.
- Pour être transparent(e), j’avais en tête une fourchette de rémunération légèrement différente, en phase avec le marché du travail et mes précédentes expériences. Pouvons-nous en discuter ?
Éléments de langage pour négocier les conditions de travail
Pour faire évoluer les conditions de travail proposées, voici quelques phrases à manier :
- Je souhaitais évoquer la possibilité de télétravailler X jours par semaine. Le télétravail est-il envisagé pour ce poste ?
- L’autonomie dans la gestion du temps est quelque chose d’important pour moi. Si vous êtes en décompte horaire et pas au forfait jours, est-ce que l’entreprise propose une certaine flexibilité horaire, ou un système de plages fixes et mobiles ?
- J’ai déjà expérimenté des organisations plus concentrées sur 4 jours, ce qui a amélioré ma productivité. Est-ce quelque chose que vous avez déjà mis en place ou seriez prêts à explorer ?
Négocier son contrat de travail : ce qu’il faut retenir
Les premières discussions avec l’employeur définissent les bases de votre future collaboration professionnelle.
En identifiant clairement ce qui peut être négocié dans votre contrat, vous vous donnez les moyens d’obtenir des conditions de travail plus favorables, en accord avec vos attentes.
Qu’il s’agisse du salaire, du télétravail, d’une indemnité, des horaires ou de clauses spécifiques dans les contrats, telle que la clause de non-concurrence, chaque élément compte et la négociation reste ouverte. À l’inverse, certaines règles sont impératives et non négociables, car fixées par la loi, pour garantir une protection minimale au salarié.
Engagez les négociations contractuelles avant toute signature. Il sera plus difficile, de revenir dessus par la suite, même si cela n’est pas impossible. Chaque modification ultérieure du contrat de travail nécessite l’accord de l’employeur et du salarié.
Pour vous conseiller ou vous épauler dans vos démarches juridiques, n’hésitez pas à contacter un avocat en droit social.
Bonne négociation de votre contrat de travail !